Marché de l’art: le curieux Steve Cohen

Article published on April 11, 2017
Article published on April 11, 2017

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En août 2016, Steven Cohen a revendu les actions qu'il détenait dans la célèbre maison de vente aux enchères Sotheby’s.

Le désengagement du milliardaire américain au profit du chinois Chen Dongsheng est passé inaperçu. Enfin, presque… Le fonctionnement de Point72 Asset Management, la société qui gère la fortune de Steven Cohen, intéresse beaucoup le fisc américain qui se demande pourquoi l’homme d’affaires a choisi de se retirer sur la pointe des pieds.

Ce n’est pas la première fois que les activités de Steven Cohen soulèvent des interrogations. La justice a estimé que son précédent hedge fund, SAC Capital, se trouvait au centre d’un vaste système de corruption. L’affaire portée devant les tribunaux lui a valu une condamnation à une amende de 616 millions de dollars.

Au cours des dernières années, le milliardaire a réalisé de très belles affaires en revendant au prix fort des œuvres des maîtres des pièces d’art moderne dont les prix ont flambé sans explication. Certains se demandent si l’intéressé n’aurait pas profité de sa situation au sein de Sotheby’s dont il était le cinquième actionnaire avec 3.2 millions d’actions, pour utiliser les services de la maison à son profit en se servant de la structure pour vendre ses propres oeuvres. En réalité, la réponse est dans la question. Dans le petit milieu du marché de l’art, personne n’en doute. Les affaires de Steven Cohen sentent le soufre.

Classé 92e fortune mondiale par Bloomberg, Steven Cohen pèse 11.2 milliards de dollars. Sa collection d’art est estimée à 1 milliard de dollars. En 2012, le milliardaire s’est offert "Le Reve" de Pablo Picasso pour 150 millions de dollars dans une transaction privée avec Steve Wynn, le magnat des casinos. Un homme d’affaires qui a fait fortune à Las Vegas avec l’appui de la Mafia et des complicités politiques. Au début des années 90, le milieu s’est découvert une nouvelle passion pour le marché de l’art qui offrait une alternative aux circuits classiques de lessivage de l’argent sale.

Steven Cohen ne s’est jamais embarrassé de considérations morales. Le pedigree des acheteurs et les vendeurs avec lesquels il traite ne l’intéressent pas. Il juge de l’intérêt d’une affaire en fonction du bénéfice qu’il peut en tirer. Sa prétendue passion pour la peinture, la sculpture, les photos ou encore l’art moderne est une monumentale tartufferie. Steven Cohen voit dans l’art un moyen rapide pour faire circuler et gonfler de grosses sommes d’argent. Si le milliardaire continue à jouer, c’est que l’amende de 616 millions de dollars payée il y a quelques années n’a pas été dissuasive. C’est dire si les bénéfices sont juteux.